Bio Christian Fournier © 2018

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Plongée dans la grotte de l'île des Pins.
Plongée sous le Paquebot France.
Requins bleus de Californie.


Plongée dans la grotte de l'île des Pins.


TEXTE ET PHOTOS : CHRISTIAN FOURNIER
La Nouvelle Calédonie est située à 1750 km à l’est de l’Australie dans l’Océan Pacifique. C’est un territoire français d’Outre Mer. L’île des Pins, qui est l’île Mélanésienne la plus au sud, est située à 70km au sud-est de l’île principale de Nouvelle Calédonie, la Grande Terre.
En raison de son éloignement, l’île des pins est restée pratiquement telle que Cook l’a découverte : immaculée, avec de grandes plages de sable blanc et des forêts intactes. Près de la Baie de Ouameo, au milieu d’une végétation tropicale luxuriante, il y a une caverne connue sous le nom de "la grotte du troisième". Le nom vient de la troisième communauté de forçats qui l’ont utilisée, au début du siècle.
Une partie de cette grotte est inondée d’eau douce, stalactites, stalagmites et colonnes comprises. Un centre de plongée, le Nauticlub, près du gîte de Kodjeue, peut vous aider à visiter ses grottes. Une balade en camion, une marche à travers la jungle, avec tout l’équipement de plongée, une descente glissante entre les stalactites et stalagmites des différentes salles non immergées et vous arrivez à la nappe souterraine.
Le spectacle est grandiose : formations rocheuses immenses et l’eau limpide et noire à vos pieds. Après une dernière vérification à l’équipement de plongée, une double vérification à l’équipement photo, une triple vérification aux lampes électriques et nous partons. Il fait froid et noir et lugubre. L’eau est très transparente, mais attention aux coups de palmes qui font remonter le sable et créent des nuages qui mettent des jours à retomber.
Philippe Scheidt connaît ces grottes et nous guide. Je me sens privilégié de pouvoir admirer ces sites extraordinaires. Nous ne voyons aucun poisson ni même aucune autre vie marine, sauf, au fond d’un couloir très étroit, une petite écrevisse, qui se cache dès que nous approchons. Il y a beaucoup de tunnels et de petites salles à explorer. Je suis content que Philippe connaisse bien les lieux. Se perdre dans ce dédale doit être horrible. Il y a cependant quelques poches d’air au plafond de certaines salles, et même quelques caves s’ouvrent à l’air libre.
Nous y faisons surface, pour découvrir des stalactites juste au dessus de nos têtes comme des épées. Quelques stalactites arrivent à fleur d’eau. Ces épées nous rappellent de contrôler à tout moment et parfaitement notre stabilité verticale sous l’eau : ne pas remonter vers ces harpons, ne pas toucher le fond pour faire remonter le sable et nous aveugler. Vive le gonflage automatique sur nos gilets stabilisateurs.
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Sous le paquebot France, îles Vierges Américaines.
Les arbres d’hélice ne tournaient pas rond. Je suis employé pour photographier les ébréchures afin d'évaluer les dégâts. Le majestueux paquebot FRANCE est au mouillage au large de Saint Thomas. A part la masse impressionnante du navire en face de nous, il n’y a rien d’autre que du bleu profond. Je passe ma main gantée sur le pourtour des hélices et, quand je repère un accroc, je le photographie proprement, en macro, incluant une petite règle graduée dans le champ et j'en dessine la position sur mon ardoise. Il y a une vingtaine d’ébréchures sur les huit pales.
Le courant nous pousse fortement et nous devons tout faire une main accrochée à l’hélice. Il n’y a aucun poisson et que du bleu infini tout autour du bateau.
C’est très impressionnant. Du bleu et une énorme machine de métal. Je me sens petit et fragile. Privilégié aussi, de pouvoir plonger sous le plus beau paquebot au monde. Ce reportage a été publié dans tous les magazines plongée francophones. Nostalgie du SS France ?
De la plongée peu ordinaire ? Mes photos magnifiques ?


S/S Norway. View other reportages about S/S Norway, ex Le Paquebot France on pages 19 and 33




Requins bleus de Californie

Les requins ont toujours fasciné l’homme. Parce que dangereux bien sûr, mais aussi parce que beaux et puissants.
Les squales sont un peu les seigneurs des mers. Ils sont au sommet de la chaîne alimentaire et n’ont qu’un seul ennemi, l’homme. Il y a des requins dans tous les océans, et de 350 espèces différentes, dont seulement 25 sont considérées comme dangereuses pour l’homme. Contrairement aux croyances ancestrales, les plongeurs ne sont jamais immédiatement encerclés par des requins dès qu’ils sautent dans l’océan. En fait, les rencontres avec des requins sont assez rares. Mais elles laissent à chaque fois des souvenirs inoubliables. J’ai eu le privilège de "corps à corps" et de regards "dans les yeux" avec des requins bleus de Californie, en pleine eau, et je ne suis pas près de l’oublier.
Je suis parti avec l’expédition du commandant Greg Elliot, sur le Golden Doublon. Départ de Los Angeles. Au large de l’île de Catalina, nous commençons à appâter : nous jetons à la mer seaux après seaux de maquereaux finement broyés, de manière à créer une traînée odoriférante longue de plusieurs dizaines de kilomètres.

Les requins ont un odorat extrêmement développé : ils sentent des traces de sang à des miles à la ronde et remontent notre traînée jusqu’à sa source dans l’espoir d’un repas. Bientôt notre bateau est entouré de requins bleus, les plus communs dans cette partie du pacifique. Leur taille varie de 50cm à 4 mètres. Nous jetons à la mer notre cage, fabriquée par le commandant, en tubes d’aluminium de 3 cm d’épaisseur. Un système Hooka fournit l’air aux plongeurs qui sont dans la cage, leur permettant une plus grande aisance, car supprimant la bouteille dans le dos et le gilet de stabilisation. Nous accrochons des sacs de poissons autour de la cage, pour pouvoir contempler le spectacle grandiose des requins mordant à pleines dents. Nicole revêt mon uniforme de prisonnière, histoire de clamer notre humour gratuit, derrière les barreaux.
De la cage le spectacle est superbe : les requins bleus sont fascinants. Ils tournent, agiles et puissants, tous dans le même sens. Ils sont gris bleus et très aérodynamiques. Ils glissent vraiment dans l’eau, sans donner l’impression d’effort. Leurs nageoires pectorales sont très longues. Leurs nageoires caudales leur sont très caractéristiques : la partie haute est plus longue que la partie basse. Comme tous les poissons, les requins se déplacent dans le plan horizontal et leur queue est à la verticale. Les mammifères marins (exemple : baleines et dauphins), par contre, ont la queue dans le plan horizontal et bougent dans le plan vertical. Nos requins ont une démarche systématique : ils tournent tout d’abord autour de leur proie, puis l’effleurent de leurs peaux rugueuses, puis lors du dernier tour avant l’attaque, ils font quelques soubresauts épileptiques et foncent sur le poisson, fermant les yeux juste avant de mordre. On ne se lasse pas du spectacle.
Mais les requins ne sont pas les seuls attirés par nos maquereaux. Un lion de mer, frénétique et joueur, apparaît de l’immensité bleue mystérieuse qui nous entoure. A ma grande surprise, il fonce droit sur un gros requin bleu et lui mord la nageoire. Tous les requins disparaissent alors comme par magie. Le commandant Elliot a déjà fait l’expérience et connaît le remède. Il jette à l’eau un pétard, sa fameuse "bombe à phoques". La détonation fait fuir le phoque, mais ne gène pas les requins qui reviennent immédiatement mordre nos appâts. Les requins sont d’ailleurs attirés par les bruits violents, par exemple les poissons qui agonisent et se débattent à la surface, les nageurs…
Vient le moment tant attendu et pour lequel je suis venu : photographier les requins autour de la cage, de l’extérieur de la cage. J’endosse donc cette fois bouteille et jaquette. Mon assistant Michael fais de même. Nous allons faire cette plongée dos à dos, chacun protégeant l’arrière de l’autre. Nous prenons chacun un débordoir, une tige d’aluminium d’un mètre pour repousser les squales et sautons. Un bleu impressionnant nous engouffre. D’un coté le bateau et sa cage accrochée, de l’autre rien que du bleu, 700 mètres de profondeur, d’ou surgissent des requins qui nous semblent de plus en plus gros. Il y a du courant et c’est assez difficile de palmer dos à dos et de rester près du bateau.
Les requins bleus, dont quelques impressionnants de 4 mètres, se rapprochent de nous. Je dois me concentrer pour faire de belles photos de squales en premier plan avec la cage en arrière plan, tout en repoussant au débordoir ceux qui passent trop près et en surveillant les plus éloignés qui pourraient foncer sur moi. Le tout en nageant constamment vers le bateau et en essayant de ne pas perdre le dos de mon camarade. Inutile de dire que je vis intensément, très intensément. Et je suis content de faire de bonnes photos. Un gros requin passe très près. Un petit poisson pilote rose est bien enfoncé dans ses ouïes. Je prends la photo. Le déclic surprends l’animal qui réagit avec un violent coup de queue que je prends en pleine tête, et qui me sépare de Michael, lequel est très occupé à frapper un petit requin très téméraire. Le courant nous emporte et nous sépare un peu et les requins nous entourent. Je me sens tout à coup frappé légèrement dans le dos : c’est mon gros requin au poisson pilote rose qui m’a bousculé une fois de plus. Je vois son œil de très prés. Grand, froid et menaçant. Il a aussi la bouche ouverte. Il tourne et fait ses soubresauts caractéristiques. Heureusement Michael et moi réussissons à nous remettre dos à dos et nous nageons vers la cage, en repoussant les requins. De loin on voit que la "fenêtre" est fermée. Il y a une grosse commotion à l’intérieur : un requin est rentré par le haut et se débat frénétiquement pour ressortir. Nicole le pousse à la main hors de la cage et nous ouvre juste à temps pour mettre des barreaux entre nous et notre ennemi au pilote rose.
Je me souviendrais toujours du regard de ce requin bleu.

Text et Photos : Christian Fournier
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