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ATTESTATION
D'ANTONIA GOODLAND
Je vis en France, à Cannes. J'ai été contactée par Erik S****** en Septembre 1998 pour investir dans une opération d'exploitation d'épave.
Lui-même et une autre personne, Christian D****, vendeur d'assurances à Cannes, avaient un projet de recherche pour le vaisseau 'Soleil d'Orient' de la French East India Company qui a coulé près des côtes du sud-est de Madagascar en 1681.
Erik S****** était impressionnant, enthousiaste, dynamique, bien habillé, apparemment bien éduqué et il s'appuyait sur le nom de son célèbre ancêtre, Robert S******. D**** est un vendeur d'assurance pur et dur, connaissant toutes les ficelles de la vente, charmant. Difficile de eur résister.
Ils m'ont montré leur brochure, belle et bien faite, en Français et en Anglais, et aussi un dossier très impressionnant de 105 pages sur leur entreprise.
Erik S****** m'a donné une copie dédicacée d'un
livre écrit par lui.
J'ai été séduite et j'ai accepté d'investir dans la 'phase de recherche' du projet Madagascar. Ils m'ont demandé 390 000 F, ce qui ne semblait pas énorme pour une aventure aussi passionnante. Je ne savais pas que ce n'était que le début - et que dans quelques mois ma vie modeste mais relativement aisée allait être complètement bouleversée.
S****** et D**** m'ont dit me que je serais un 'PARTENAIRE ÉGAL' dans l'affaire et comme j'avais un passé dans la publicité et les relations publiques, parlant raisonnablement bien le français et l'anglais, et connaissant un peu l'informatique, je serai officiellement 'l'attachée de presse' et le traducteur du groupe.
Puis, environ un mois plus tard, T***** P*****, un associé de S******, revient d'un projet plongée en Indonésie et déclare que ce pays est PLEIN d'épaves et qu'il en avait vu personnellement beaucoup en y plongeant.
Le projet Madagascar a donc été reporté et l'Indonésie devint prioritaire car considéré comme facile avec succès garanti ! Ils ont estimé ce projet à 917 000 F.
- "Antonia, nous suivez-vous dans cette affaire ?"
Cela, je dois l'admettre, m'a rendue plutôt nerveuse car je ne vivais que grâce à mes économies et cela en représentait presque la moitié ! je suis une femme de 60 ans, retraitée et vivant seule. J'ai cru avoir trouvé quelque chose de réellement merveilleux pour m'occuper et me redonner intérêt à la vie.
T***** P***** paraissait très calme et très professionnel et, une fois de plus, j'ai faibli et j'ai fait le chèque de 917 000 F plus un autre chèque de 50 000 F comme 'caution' remboursable du Gouvernement Indonésien.
Une autre réunion a été faite pour discuter la création d'un site Internet pour le groupe S******.
J'étais absolument contre ce site, mais minoritaire au vote qui s'ensuivit, j'ai dû faire un autre chèque pour 10 000 F de site Internet.
S******, T***** P***** et D**** se sont payés alors eux-mêmes d'énormes salaires, et moi ? RIEN !
Ils ont alors créé une entreprise dans les Îles Vierges Britanniques, avec 50 000 actions dont aucune pour moi !
Ce n'est pas ma description d'un "PARTENAIRE ÉGAL"
!
Puis le silence ! ils ne me téléphonaient jamais, ni me
consultaient.
Ils faisaient des budgets, ils défaisaient des budgets. Cela commençait à devenir un cauchemar !
ils ont embauché deux plongeurs et partirent pour l'Indonésie. Ils ont acheté un hors bord et tout le matériel de plongée et ont loué une grande maison sur la plage de l'île de Bintan. Ils ont commencé à la rénover et à construire une jetée pour le bateau ! ils ont embauché du personnel Indonésien.
Puis ils se sont heurtés à des problèmes à Bintan. Ils ont dit que c'était la Mafia chinoise et ont couru se réfugier à Singapour, laissant équipement et bateau à Bintan, ne prenant que les GPS et une ou deux
autres choses faciles à porter.
Ici l'histoire devient longue et compliquée.
En bref, ils ont fini par retourner à Jakarta et après un ballet incroyable et extrêmement coûteux de mouvements d'équipes, de bateaux et de matériel, ils ont finalement tout caché à Jakarta. Ils ont abandonné la maison de Bintan après avoir payé six mois de location à l'avance et renvoyé tout le personnel local qui réclamait 3 mois de salaire
et un an de taxes sur revenu !
Entre-temps S******, T***** P***** et les deux autres plongeurs vivaient dans un hôtel quatre étoiles l’Ibis Slipi à Jakarta.
Après un séjour à l'hôtel de prés de trois semaines, ils ont déménagé dans une île de l'archipel "Thousand Islands", au nord de Jakarta où ils ont établi leur base. Le fils de S******, âgé de 13 ans, est venu en visite depuis la France, pour une semaine. Même chose pour la nouvelle petite amie de Sumatra que S****** avait rencontrée quelques jours auparavant à l'hôtel
Ibis Slipi. On dirait le 'Club Med'!
Nous en étions maintenant à la sixième semaine de l'opération et personne n'avait encore mouillé sa combinaison de plongée !
Plusieurs plongées ont eu lieu dans la 7eme semaine.
La semaine 8 prévoyait la fin officielle de la phase 'recherche' et techniquement la fin de ma participation contractuelle. Terminé!
Les deux plongeurs qui avaient été employés par S****** sur recommandation de T***** P***** sont retournés en France fin Avril car dégoûtés des agissements de ces derniers. Ils ont embarqué avec eux une partie de l'équipement de plongée, y compris la caméra sous-marine, parce qu'ils n'avaient pas été payés par S****** !
Il n'y avait plus d'argent !
En huit semaines S****** et D**** ont grillé 1 400 000 F, qui incluaient le budget pour Madagascar et n'avaient à montrer que le vieux hors bord d'occasion, un peu d'équipement de plongée et une société vide, aux îles Vierges Britanniques, dont S****** et D****étaient les actionnaires.
On m'a déclaré que l'opération était finie. Pas d'excuses! Pas de "Merci Antonia, nous n'avons pas eu de chance, mais j'espère que nous pouvons rester amis ! " Rien !
En fait, ils m'ont fait culpabiliser de ne pas, (en fait je ne POUVAIS PAS) continuer à donner d'avantage de soutien financier. Pour moi, c'était fini. J'ai beaucoup souffert. Et j'étais presque ruinée.
S****** et T***** P***** sont restés seuls en Indonésie et j'ai appris que S****** a dû utiliser son propre argent (150 000 F).
À la dernière minute, ils ont trouvé une épave au large de l'ile de Belitung! (ou, plutôt: S****** n'a pas trouvé d'épave - il était en France à ce moment là - des pêcheurs du coin l'ont trouvé !) S****** a voulu repartir exploiter cette
épave.
Ils m'ont donc appelé à nouveau. Vous devez nous aider ! Nous avons enfin trouvé une épave. Il n'y a plus aucun risque financier et tout ne va être que parfait ! Nous avons juste besoin d'argent pour exploiter l'épave.
S****** et D**** m'ont dit que si je revenais dans l'opération je serais considéré de nouveau comme un partenaire dans le 'Groupe S******'. "Vous avez de la chance Antonia!"
J'avais tellement perdu, j'ai vu cela comme ma dernière chance de récupérer mes pertes. Quelle erreur !
J'ai donc versé 500 000 F de plus, puis encore 120 000 F. Pour réunir cet argent, j'ai vendu mon or sur un marché très défavorable.
Cependant ce n'était pas assez - ils avaient déjà amassé des dettes énormes en Indonésie.
Mon argent a été englouti à payer des dettes passées.
Trois semaines plus tard, S******, T***** P***** et la petite amie de T***** P***** (qui depuis quelques semaines faisait partie bénévole de 'l'équipe' ), ont été forcés de quitter l'Indonésie, abandonnant le bateau et l'équipement et sans payer les plongeurs Indonésiens ou leur facture d'hôtel à Belitung.
Je suis donc parti pour Jakarta, afin de sauver ce que je pouvais. J'ai payé les plongeurs Indonésiens et les factures d'hôtel de T***** P***** et S****** à Belitung et mis en lieu sur le bateau et l'équipement de plongée.
Cela m'a coûté 160 000 F.
Et maintenant je suis ruiné, il reste à peu près 30 000 F entre moi et le reste de ma vie.
Je pense que je vais être obligé de vendre mon logement et mes bijoux. Et après? ce n'est pas drôle à mon âge !
Septembre 1998 chèque 390 000 F
Octobre 1998 chèque 917 000 F
Octobre 1998 chèque 50 000 F
Décembre 1998 chèque (site Internet) 10 000 F
11 Juin 1999 transfert de banque 62 000 F
22 Juin 1999 transfert de banque 500 000 F
19 Juillet 1999 transfert de banque 120 000 F
Août 1999 divers de frais 160 000 F
2 209 000 F TOTAL
Dans ce total je n'ai pas inclus les frais d'avion, d'hôtel et de téléphone, que j'ai dépensé durant ma participation avec S******, plus ceux d'imprimerie, encres et papier et plusieurs semaines de travail de traduction en anglais du dossier de 105 pages.
L'affront final vint du compte rendu de S****** pour le mois de Juin. Il y avait une double entrée pour des frais exorbitants de banque et d'autres frais dont j'ai demandé la justification. S****** n'a pas répondu à mes nombreuses requêtes pour la justification de ces sommes douteuses, qui sont comme suit.
1) Avance S****** et T***** P***** : total 42 000 F
2) L'équipement de plongée 17 000 F
3) Frais de banque 16 000 F
4) Surplus de Salaire T***** P***** 6 000 F
5) I.C.D. Indonésie 32 000 F
6) I.C.D. Indonésie 15 475 F
Le total non justifié est de 129 093 F, ce qui approche des 150 000 F que S****** déclare avoir dépensés de son argent propre dans le projet.
Il essaye de mettre sa dépense à mes frais ?
Il y a beaucoup, beaucoup d'autres aspects à ce déguisement d'expédition, trop pour les faire tous figurer ici.
Quand je suis revenu à Cannes le 10 Août 99, j'ai trouvé une "Sommation de faire" par un avocat de Cannes engagé par S******. Je n'ai aucune idée ce que c'est ou ce qu'il signifie.
Je peux seulement penser que S****** essaie de me poursuivre en justice parce que je n'avais plus d'argent pour continuer à financer son opération.
Maintenant j'ai peur pour ma santé et pour mon avenir.
Mon espoir sincère est que cet homme soit arrêté. S****** est impitoyable, et il est prêt à tout pour poursuivre ses fins ambitieuses.
C'est un obsédé qui cherche une aiguille dans une botte de foin en utilisant l'argent des autres.
Rien ne l'arrête! Dans la revue 'Subaqua' de Sept/Oct 1999, il est en 'vedette' avec des photos vieilles de 10 ans ! Pourquoi? Parce qu'il n'a pas travaillé depuis !
Antonia Goodland-Clark.
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